Atelier Thomas Naulin


Rudérale

Je porte un intérêt aux constructions, aux espaces, aux lieux ayant pour point commun une transition de leur état, lié au passage du temps, et à la désertion humaine : des bâtiments, des chemins de fer, des ponts... Bien souvent le témoignage d’une vie industrialisée ou agricole, de la maîtrise temporaire des éléments par l’homme, qui finit par s’en détourner. Laissant la place à la végétation, le sable, la neige qui s’invitent irrémédiablement et fondent des édifices. Tandis que le vent, l’eau, érodent les matières, les sculptent ou les effondrent.
Dans ma démarche, il est question de l’expansion d’un territoire sur un autre, de prendre l’espace.

Mes sculptures sont des constructions en acier brut, à figures géométriques et architecturales, qui sont basées sur l’accumulation et la répétition, soit pour édifier, soit pour déstructurer. Elles résonnent, par cette technique longue et fastidieuse, avec l’oeuvre du temps dans la nature.

Immobiles, elles racontent un mouvement, un élan organique, tandis que leur aspect est minéral.
Il est alors question du jeu des perspectives, le proche et le lointain, des notions de précarité et d’équilibre, du vide et du plein, du rapport de l’immense au minuscule.